Interviews

Discussion avec Victor Boissel

Salut les amis !
Pour ce nouveau rendez-vous du dimanche, j’ai eu le plaisir de poser des questions à Victor Boissel et de découvrir son univers très riche et varié. Afin de vous faire une petite idée de son travail, je vous propose le synopsis de Hernig et Zebraël, un grand conte illustré (dessins de Béatrix de Gevigney), paru le 3 novembre 2016 :

Hernig, un homme aussi discret et distingué qu’il est imposant d’apparence, cherche un endroit où couler des jours paisibles. Zebraël, garçon turbulent et espiègle, raconte ses péripéties imaginaires à qui veut l’entendre, jusqu’au jour où il réalise un véritable exploit.
Quand le village de Bernagore sous la menace d’un loup — et quel loup ! — leur demande de l’aide, les deux personnages s’allient et partent à l’aventure.
Or, lorsqu’ils rencontrent le loup, ils découvrent un animal extraordinaire. Le loup de Bernagore est trois fois plus grand qu’un loup commun, il est doté de parole et il demeure dans la forêt pour expier la faute qu’il a commise à l’encontre d’une fée. A mesure que Hernig et Zebraël combinent leurs talents pour dénouer l’intrigue, il naît en eux une solide amitié qui sera mise à l’épreuve jusqu’aux derniers instants.

Tes écrits sont très différents les uns des autres, aussi bien au niveau de la forme (romans, contes, essais, textes de scène, scénarii de films et de BD, etc.) que du genre (dystopique, philosophique, récit de voyage, médiéval fantastique, etc.). Qu’est-ce qui t’a poussé à te lancer dans une telle aventure ?

Depuis l’enfance, je suis fasciné par les histoires et les enseignements qu’elles portent. D’abord je l’ai été en tant qu’auditeur et lecteur. Ensuite je l’ai été en tant que conteur et rapporteur. Et enfin, naturellement, en tant qu’auteur.
Je crois qu’à partir d’observations, même habilement compilées et articulées, on ne peut transmettre qu’une substance brute, difficilement accessible et encore plus délicatement exploitable. Mais lorsque ces observations sont assorties de constructions dramatiques, qu’elles sont portées par des personnages et inscrites dans des histoires, non seulement sont-elles plus parlantes, mais elles sont aussi distrayantes, amusantes, dérangeantes, séduisantes, éclairantes… et plus aisément mémorisables et transmises.
La question des formes et des genres se pose au service de l’histoire, des personnages, des observations. Le champ est libre. Je me demande toujours quel sera l’aspect qui conviendra le mieux à l’histoire que je veux conter et à l’auditoire que j’aimerais toucher.
Dès lors, ledit aspect s’impose, par l’évidence, la séduction ou la conviction, présenté comme le meilleur médium. Rétrospectivement, je crois que je n’ai jamais eu de doute sur la forme que devait revêtir telle ou telle histoire. Et comme je suis mon premier lecteur, je cherche en premier lieu à me faire plaisir.

As-tu une préférence pour un genre en particulier ?

Cette question peut être interprétée de plusieurs manières. Deux au moins. Selon que je la considère en tant que lecteur ou en tant qu’auteur. Je vais répondre aux deux.
En tant que lecteur, il est évident que je lis plus d’essais et d’articles que quoi que ce soit d’autres. Viennent ensuite les contes (j’inclus la mythologie), le théâtre et les bandes-dessinées. Enfin les romans et nouvelles, catégories de lecture les moins représentées — je suis en la matière un lecteur très difficile, et ce malgré de profonds engouements pour certains des plus réussis qu’il m’a été donné de lire.
En tant qu’auteur, j’aime tout… avec une tendance à injecter du conte et une certaine forme de théâtralité partout où je pose ma plume.

Tu prêtes ta voix aux versions audio de tes écrits. Cela te permet-il de voir tes histoires d’un autre œil ?

J’ai une formation de comédien, et avant de prêter ma voix, c’est cette formation qui m’a permis de développer un autre regard sur les œuvres littéraires en général et les miennes en particulier. Quand, en tant qu’interprète, on entre dans la peau d’un personnage, on doit s’approprier les données qui sont à sa disposition, on doit embrasser les raisonnements qu’il développe, on doit ressentir la gravité de ses enjeux. In fine, ce personnage, quand on l’incarne, a nécessairement raison, il est dans l’évidence d’une vérité qui parfois est la seule recevable.
À partir de ce travail, qui s’apparente à une forme d’empathie poussée à son paroxysme, on aborde les trajectoires d’un personnage — et celles qu’elles croisent — avec un ressenti singulier. Et depuis la posture de l’auteur, cet exercice concernant de nombreux personnages, devient une gymnastique schizophrénique dont je crois qu’elle sert la plausibilité de tout un édifice.
En fin de compte, la voix est un canal supplémentaire mais la véritable différence en matière de conception et d’appropriation des enjeux réside dans la posture de l’interprète telle que je l’ai décrite ici.

Tu es également interprète pour le théâtre et le cinéma. Est-ce pour toi une autre expérience de la littérature ?

Oui, pour les raisons que j’ai évoquées à l’instant et aussi pour une autre que je peux développer ici. En tant que comédien, particulièrement à mes débuts, il m’était reproché de juger les personnages que j’incarnais et les auteurs qui les avaient dessinés. Il m’a fallu faire un important travail sur moi pour m’approprier les importances des personnages et oublier les auteurs. Et me libérer du désir ou du réflexe de juger, dans l’interprétation ou dans l’écriture.
Aujourd’hui je vis mes personnages de l’intérieur grâce à ce cheminement. Et je peux me juger en tant qu’auteur quand je dîne avec famille et amis… mais jamais quand j’écris.

Quels sont tes projets pour les mois et années à venir ?

Je travaille toujours à la documentation et à la préparation d’un grand roman intitulé Les Parias de Babylone, dont la phase de rédaction débutera en fin d’année.
(www.lespariasdebabylone.com)
En parallèle, j’écris des contes et des nouvelles qui verront bientôt le jour, la prochaine en date sera Un air enlevé, une nouvelle inscrite dans un recueil de douze nouvelles, portées par douze auteurs et dont le thème est la féminité. Ce recueil est le second du genre, il s’agit d’associer douze plumes disparates pour réaliser un livre dont les produits de la vente reviennent à la Fondation Elle pour l’émancipation des femmes.

Je tiens à remercier Victor Boissel d’avoir pris le temps de répondre à mes questions avec autant de précision.

Pour découvrir l’ensemble des œuvres de l’auteur, rendez-vous sur son site internet et ses réseaux sociaux : Facebook + Twitter. Pour vous procurer ses textes, direction Amazon ou son site internet.

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