Autour du livre

Mes préférences littéraires

Bonjour à tous !
Le 16 janvier dernier, comme tous les mercredis, j’ai lancé un sondage sur Twitter. Cette fois-ci, il s’agissait de vous questionner à propos de vos préférences littéraires. Si j’avais déjà une idée des genres qui sont le plus plébiscités par mes abonnés, j’ignorais complètement si, comme moi, ils orientaient leur choix vers des livres écrits à la première ou la troisième personne, avec des verbes au présent ou au passé ou bien avec une longueur de chapitre bien définie. A 60%, les participants ont répondu qu’ils avaient des préférences et ont pris le temps de les partager avec moi. A mon tour, j’avais envie de vous faire part des miennes.

Le point de vue

J’ai toujours plus ou moins eu une préférence pour l’utilisation de la troisième personne au cœur de la narration. Cela s’explique par plusieurs raisons. Tout d’abord, je trouve que cela facilite la compréhension. Lorsque la première personne est utilisée, notamment dès le début du récit, nous ne savons pas tout de suite à qui nous avons affaire. Il faut parfois attendre plusieurs pages avant de connaître l’identité du personnage que nous suivons. Je ne trouve pas cela très confortable. Cela s’accentue lorsque le point de vue change d’un chapitre à un autre, tout en conservant l’utilisation de la première personne. Il faut faire une gymnastique de l’esprit pour suivre correctement le déroulement de l’histoire. Avec la troisième personne, l’ensemble est plus fluide, à mes yeux. Les prénoms étant précisés soit dans la narration, soit dans les dialogues, on retrouve plus facilement qui fait ou dit quoi.
Je préfère également l’utilisation de la troisième personne car cela met de la distance avec le récit. Il n’est pas toujours facile de s’identifier à un personnage, encore moins quand il a des valeurs ou un comportement très éloignés des nôtres. La troisième personne permet au lecteur une plus grande neutralité, sans pour autant empêcher l’attachement aux protagonistes et l’empathie qu’on peut éprouver pour eux.
Enfin, si l’utilisation de la troisième personne peut être synonyme d’un point de vue omniscient, c’est-à-dire que le lecteur sait tout avant les personnages eux-mêmes, cela peut également être un moyen pour mettre en place des retournements de situation auxquels on ne s’attendait pas. C’est pour moi une technique d’écriture très efficace, notamment pour les thrillers et polars dont je raffole, puisqu’elle permet de ménager le suspense et de surprendre le lectorat.

Le temps des verbes

Si le point de vue est un élément important à mes yeux, puisqu’il me permet de mieux me plonger dans une histoire, le temps des verbes est également un point essentiel. Lorsqu’il s’agit de la narration, j’ai une préférence pour le passé simple. Quant aux dialogues, c’est le présent qui me semble le plus approprié.
Pour que le récit soit réaliste et que les actions soient hiérarchisées, l’utilisation de différents temps est indispensable, à mes yeux. Lorsque toute l’histoire est écrite au présent, je trouve qu’elle manque de relief et de subtilité. Sans avoir recours à des temps peu utilisés au quotidien, l’association du présent, du passé simple et de l’imparfait permet d’obtenir un résultat déjà plus travaillé.

La construction du récit

Pour qu’un livre me plaise, certains éléments doivent être pris en compte dans la construction du récit. Par exemple, je me plonge plus facilement dans une histoire lorsque les chapitres sont courts et rythmés. Je le dis régulièrement dans mes chroniques, lorsque les chapitres font en moyenne plus de vingt pages, j’ai souvent tendance à perdre ma concentration en cours de route. Bien sûr, cela peut varier en fonction de l’intérêt de l’action, mais en général, je préfère les chapitres de dix ou quinze pages, puisque l’auteur va à l’essentiel, sans user de longueurs pour « remplir » son livre. De même que je n’aime pas forcément lorsqu’il y a des chapitres qui n’ont rien à voir avec l’intrigue, de près ou de loin. A la fin de ma lecture, j’ai besoin de me dire que chaque page ou presque a apporté quelque chose à l’histoire. Je préfère un livre court mais riche, plutôt qu’un livre qui fait 500 pages, avec seulement la moitié qui est utile à l’avancement de l’action.
Pour compléter cette idée, j’aime aussi les intrigues bien ficelées, avec des rebondissements et un dénouement auquel je ne m’attendais pas. Peu importe le genre littéraire que je lis, je cherche avant tout à être surprise. Je n’aime pas, en général, les histoires où l’on sait déjà quels personnages vont vivre une histoire d’amour ensemble, ou bien lorsqu’on peut prévoir à l’avance si le dénouement va être joyeux ou dramatique. J’ai besoin que le suspense soit au rendez-vous et que l’auteur m’emmène dans son univers !
Côté écriture, il y a deux points qui me sont chers : la description des lieux et le réalisme des dialogues. Si je ne suis pas une adepte des longues descriptions, qui rendent le récit passif plutôt qu’actif, j’aime tout de même quand l’auteur nous donne des détails sur les lieux, le physique des personnages ou les émotions. Cela me permet de mieux visualiser ce qui est écrit et de me rapprocher de ce que l’auteur a créé. Cela est d’autant plus vrai lorsque le lieu décrit est fictif. L’univers sort de l’imagination de l’auteur, on n’a donc pas de références ou de comparaisons possible. Plus les choses sont précises, plus le lecteur peut s’imprégner des lieux et de leur ambiance.
Quant aux dialogues, j’ai besoin de retrouver la crédibilité de nos propres échanges au quotidien. Il arrive parfois que je lise des dialogues qui me semblent sortis d’un autre temps ou d’une autre dimension, alors que le récit se déroule à notre époque. Je pense qu’il faut vraiment adapter les échanges entre personnages à la période historique ou contemporaine traitée, à la génération et à la personnalité de chaque protagoniste. Le vocabulaire ne doit pas être le même d’un personnage à un autre, par exemple. Lorsque l’auteur fait l’effort d’adapter son écriture sur ce point, il y a de grandes chances pour que je sois vraiment emportée par le récit !

Les personnages

Enfin, le dernier point qui est important à mes yeux, c’est la construction des personnages. Les protagonistes sont ceux qui vont nous faire découvrir l’histoire et la faire avancer. Ils ont un rôle crucial dans le bon déroulement d’un récit. Personnellement, si je n’accroche pas à leur personnalité ou n’ai pas une bonne raison de les détester, j’arrête ma lecture. J’ai besoin de m’attacher à eux, d’avoir envie de suivre leur évolution et d’en savoir plus à leur sujet pour apprécier un livre. Je peux, bien entendu, détester un personnage, cela ne me dérange pas, mais il faut que ce soit pour de bonnes raisons, notamment qu’il ait le mauvais rôle, celui de l’ennemi ou du tueur en série, par exemple. Tant que le personnage est construit et que l’on comprend pourquoi il est comme il est ou pourquoi il agit ainsi, cela me convient. Je ne supporte pas, par contre, les personnages dits « gnangnan ». Lorsque les personnages, surtout principaux, passent leur temps à se plaindre ou à se fourrer dans des situations compliquées, j’ai plus de mal à apprécier. De même lorsque les personnages ne sont pas réalistes ou crédibles dans leur façon d’être ou leurs actions. Dans les romans de l’imaginaire, cela ne me dérange pas puisque c’est tout à fait normal que les protagonistes soient hors-normes. Dans les romans qui se basent sur la réalité, j’aime pouvoir m’identifier à eux, dans la limite du partage des valeurs ou de la vision des choses.
Enfin, j’aime lorsque les personnages secondaires sont attachants. J’ai souvent tendance à préférer les personnages secondaires, voire ceux qui n’interviennent que ponctuellement dans le récit que les personnages principaux. Ils sont parfois plus touchants et attendrissants que les têtes d’affiche. Il en est de même avec les sous-intrigues d’ailleurs, elles sont traitées avec plus de légèreté, l’auteur ayant moins la pression qu’avec l’intrigue principale. C’est avec ces sous-intrigues et les personnages secondaires que l’on découvre le vrai génie d’un auteur !

Et vous, avez-vous des préférences littéraires, en dehors des genres ?
Si oui, lesquelles ?

 

1 réflexion au sujet de “Mes préférences littéraires”

  1. Je suis tout à fait d’accord! 🙂
    C’est vrai que je préfère depuis toujours quand les chapitres sont courts et qu’on peut donc vite avancer dans la lecture. J’aime un peu moins lorsques les chapitres dépassent un certain nombre de pages et ressemblent à un mini-roman, parce que j’ai l’impression de ne pas trop avancer. Niveau point de vue je préfère aussi la troisième personne. Je trouve que c’est plus facile de suivre l’histoire du personnage principal

    Aimé par 1 personne

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