Chroniques / Reviews

Les poètes morts n’écrivent pas de romans policiers – Björn Larsson

Les poètes morts n'écrivent pas de romans policiers, Björn Larsson ...Titre : Les poètes morts n’écrivent pas de romans policiers
Auteur : Björn Larsson
Publication : 2015
Genre : roman policier
Édition lue : Le Livre de Poche
Nombre de pages : 448
Statut : lu du 12/04/20 au 19/04/20
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Synopsis :
L’éditeur Karl Petersén a persuadé le poète Jan Y. Nilsson d’écrire un roman policier, convaincu qu’il saura en faire un best-seller. Mais Nilsson se résignera-t-il à sacrifier sa réputation et à se plier aux lois du marché ? Acceptera-t-il de signer le contrat que Petersén lui apporte ce soir-là ? Lorsque l’éditeur le découvre au bout d’une corde dans son bateau de pêche, la réponse semble évidente. Le commissaire Barck, lui-même poète à ses heures, n’a aucun doute : les poètes ne se font pas assassiner, ils se suicident. Pourtant, les mobiles ne manquent pas…
Dans cette pétillante satire du monde éditorial continuellement à la recherche du prochain succès, seul un policier-poète a l’expérience et la sensibilité pour saisir les vérités cachées derrière les apparences.

Critique : C’est en 2016 que j’ai rencontré Björn Larsson, au Festival du livre en Bretagne. Suite à l’une de ses conférences, j’ai décidé de me rendre sur son stand pour échanger avec lui et acheter un exemplaire de son dernier roman, Les poètes morts n’écrivent pas de romans policiers.
D’après le titre et la quatrième de couverture, ce roman avait tous les ingrédients pour me plaire. Effectivement, j’ai pu les retrouver au fil des chapitres. Cependant, je ne suis pas autant convaincue que j’aurais souhaité l’être. Je vous explique pourquoi.
Dans un premier temps, j’ai immédiatement été captivée par la mise en abîme de l’intrigue et la rapidité des événements. Le fait que les chapitres soient relativement courts donne également du rythme, renforçant cette impression d’être directement plongé dans l’enquête. Pourtant, alors que le suspense me tenait en haleine, tout s’est brutalement arrêté, pour partir dans une satire de la poésie et, plus largement, du monde éditorial et de la perception des différents genres littéraires. J’étais bien entendu prévenue qu’un tel sujet serait abordé. En revanche, je m’attendais à ce que ce soit fait de manière plus subtile, tout au long de la recherche d’indices, de l’audition des témoins et des suspects et, peut-être même, en suivant le point de vue du meurtrier. Malheureusement, cela a davantage donné lieu à de longues descriptions, nous éloignant parfois même du sujet principal du roman, à savoir l’enquête policière. L’idée de lier les deux univers, incarnée d’ailleurs par le commissaire Barck, est très intéressante et je ne peux que souligner le travail de mise en scène et de recherches effectué par Björn Larsson. Néanmoins, je pense qu’il aurait été plus appréciable encore si l’aller-retour entre la satire et l’enquête policière avait été plus équilibré.
Autre point qui m’a laissée sur ma faim, c’est d’avoir découvert très rapidement qui était à l’origine de cette histoire sombre. L’auteur a eu beau usé de détours tout au long de son roman et tenté de noyer le poisson, ce qui m’a d’ailleurs fait espérer jusqu’à la fin que je me sois trompée sur l’identité du tueur, le dénouement fut finalement similaire à celui que j’avais imaginé au départ. J’aurais bien entendu souhaité un twist final qui remettrait en cause toutes mes certitudes, mais cela n’a pas été le cas. Je peux néanmoins me féliciter d’avoir été suffisamment attentive aux détails pour déjouer les pièges… On se console comme on peut !
Enfin, le point positif de ce roman, à mes yeux, ce sont ses personnages. A la fois accessibles et complexes, ils ont cette ambivalence que j’aime retrouver dans les romans policiers. Ni tout blancs, ni tout noirs, ils ont une personnalité qui fait qu’on a l’impression d’être baladé d’un chapitre à un autre, et d’un élément de l’enquête à un autre, sans parvenir à reprendre les commandes. Pour un roman à l’intrigue sombre, je trouve cela très percutant d’avoir des protagonistes qui prennent les choses en main et nous emportent avec eux dans leur univers.
En définitive, mon avis sur ce roman est plutôt en demi teinte. S’il y a certains aspects que j’ai beaucoup appréciés, d’autres m’ont moins convaincue. Les poètes morts n’écrivent pas de romans policiers reste tout de même un roman intéressant à lire, notamment d’un point de vue sociétal.

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