Chroniques / Reviews

Les Secrets d’Anne-Marie – Lucy-France Dutremble

Titre : Les Secrets d’Anne-Marie : La vieille laide
Auteure : Lucy-France Dutremble
Publication : 2016
Genre : saga familiale
Édition lue : France Loisirs
Nombre de pages : 907
Statut : lu du 05/09/20 au 13/09/20
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Synopsis : Élevée par des parents insensibles et mesquins, Anne-Marie se fait aussi appeler « la vieille laide ». A la suite de leur décès, elle mène une vie tranquille, enfin libérée de leur méchanceté. Mais son existence est chamboulée lorsqu’elle apprend de Charles, un jeune homme dont le destin est lié au sien, qu’elle a été adoptée.
Cette révélation sera la première d’une série de découvertes qui la mettront à rude épreuve. Car déterrer les secrets des morts peut amener son lot de souffrances. Secrets enfouis, destins entrelacés et trahisons se succéderont pour Anne-Marie et Charles.
On ne peut changer le passé, mais peut-on apprendre à l’accepter ?

Critique : Trois éléments m’ont décidée à découvrir la trilogie de Lucy-France Dutremble, Les Secrets d’Anne-Marie : la première de couverture, le synopsis et le lieu de l’intrigue, à savoir le Canada.
Concernant la couverture, j’ai immédiatement été captivée par cette femme dont on ne voit pas le visage. Cela me semblait particulièrement énigmatique, puisque le titre original de la série est « La vieille laide ». Il me paraissait à la fois pertinent et dérangeant de cacher l’identité de cette femme, alors même que l’histoire allait probablement être basée sur son physique. Et pourtant, en me plongeant dans les premiers chapitres du tome 1, je me suis rapidement rendu compte que la femme sur la couverture n’avait rien à voir avec Anne-Marie, le personnage principal. Tandis qu’il s’agit d’une femme blonde, avec un style vestimentaire soigné, Anne-Marie est rousse et n’accorde que peu d’importance à son apparence. Ce fut pour moi une première déception et, malheureusement, pas la dernière…
A propos du synopsis, comme vous le savez à présent, je suis une fervente lectrice de sagas familiales. En découvrant le résumé de la quatrième de couverture, je m’attendais donc à des rebondissements, à des révélations et à un portrait de famille peu commun. Si ce dernier point a été respecté, les deux autres m’ont laissée perplexe. Effectivement, seul le premier tome a, pour moi, été véritablement digne d’intérêt. L’auteure est parvenue à instaurer un certain suspense et à proposer des retournements de situation auxquels nous n’étions pas tout à fait prêts. J’écris volontairement « tout à fait » car, en réalité, bon nombre d’éléments concernant la famille d’Anne-Marie étaient prévisibles. Je pense que ce qui a fait défaut à Lucy-France Dutremble, c’est d’avoir opté pour un changement de point vue régulier. Ainsi, le lecteur a su beaucoup de choses très rapidement, contrairement à Anne-Marie, cassant le mystère qui planait autour d’elle. De plus, beaucoup de chapitres n’apportent rien à la quête de cette femme, et font perdre progressivement l’intérêt du lecteur. Pour être honnête, j’ai lu en diagonale de nombreuses pages, bien que je déteste faire cela. Cela s’explique notamment par la répétition des périodes de l’année choisie (Noël, premier de l’an et anniversaires des protagonistes), comme s’il n’existait pas douze mois, mais aussi par le format narratif choisi. En effet, l’auteure a décidé de changer d’année quasiment à chaque chapitre. Cependant, il faut savoir qu’un chapitre compte en moyenne entre 10 et 15 pages seulement. Pour moi, cela ne permet pas d’entrer dans les détails et c’est ce qui a inévitablement mené à cette sensation de « catalogue », plutôt que de véritable histoire ou intrigue.
Enfin, le dernier point qui m’avait donné envie de me plonger dans cette trilogie, c’était le Canada, aussi bien comme lieu de l’histoire, que pays de naissance de l’auteure. Ayant toujours été attirée par ce pays, j’étais curieuse de me plonger dans un roman québécois pour la première fois, mais aussi d’en découvrir plus sur ces contrées que je n’ai que rarement retrouvées dans mes lectures. Malheureusement, là encore, mes attentes n’ont pas été comblées. Dès le départ, j’ai eu beaucoup de difficultés à comprendre l’écriture de Lucy-France Dutremble. Contrairement à la quatrième de couverture, le roman est écrit en français québécois. Ainsi, il y a de nombreuses expressions et tournures de phrases que je n’ai pas comprises. Si cela peut être dépaysant pour certains et leur permettre de mieux se plonger dans l’histoire, pour ma part, cela m’a beaucoup bloquée, presque découragée. Et cela a été d’autant plus vrai avec les tics de langage, probablement de l’auteure, que l’on peut retrouver dans les dialogues de tous les personnages. J’ai trouvé cela dommage qu’elle ne fasse pas plus de distinctions d’un protagoniste à un autre, puisqu’on a l’impression qu’ils parlent tous de la même façon, alors que cela est peu probable, à commencer par les différences de générations.
En définitive, j’ai été déçue par la trilogie Les Secrets d’Anne-Marie. Alors que le thème était prometteur, il n’a été, selon moi, que survolé, malgré les 907 pages qui composent le roman. Je pense qu’il aurait mieux valu que l’auteure s’en tienne à un seul tome de 300 pages. Ainsi, elle aurait été obligée d’aller à l’essentiel et de se concentrer sur le vrai fond de l’intrigue.

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