Autour du livre

La rentrée littéraire : Bonne ou mauvaise idée ?

Vous n’avez pas pu le manquer ces dernières semaines, comme chaque année, les rayons de nos librairies favorites ont fait le plein de nouveautés. Moment privilégié pour tous les amoureux de la littérature, cette période commerciale qu’est la rentrée littéraire a également ses détracteurs. L’éternel débat quant à l’utilité de publier autant de livres en si peu de temps est relancé.
Alors, la rentrée littéraire : Bonne ou mauvaise idée ?
Après avoir présenté ce phénomène typiquement français, nous ferons le point sur l’impact qu’il a sur la chaîne du livre, puis nous aborderons ses points forts, ainsi que ses limites.

Qu’est-ce que la rentrée littéraire ?

La date de création de la rentrée littéraire reste encore très floue. Dans les années 1930, une expression similaire était utilisée dans Le Figaro pour évoquer la pause estivale appliquée au domaine culturel. Cependant, la rentrée littéraire telle que nous la connaissons actuellement daterait des années 1950.
Côté organisation, elle a lieu entre fin août et début novembre. Il s’agit pour les éditeurs et les libraires d’une opportunité unique de mettre en avant les auteurs susceptibles de recevoir l’un des nombreux prix littéraires attribués pendant l’automne, mais aussi de profiter de toute la médiatisation mise en place pour booster le chiffre d’affaires au moment des fêtes de fin d’année.
Selon la tradition, les auteurs déjà récompensés par un prix littéraire publient leurs nouveaux ouvrages lors de la rentrée littéraire de janvier.
Ainsi, chaque année, ce sont en moyenne entre 500 et 700 livres qui sont publiés en l’espace de quelques semaines seulement.
En 2020, ce sont 511 nouveaux titres qui rejoignent les rayons de vos librairies. Vous pouvez, entre autres, retrouver Emmanuel Carrère, Grégoire Delacourt, Serge Joncour, Amélie Nothomb ou encore Yasmina Khadra.

Pourquoi la rentrée littéraire est-elle un événement incontournable de la sphère culturelle ?

Outre le fait que la rentrée littéraire soit très attendue des professionnels du monde du livre, en raison des retombées économiques et marketing qu’elle engendre, elle est également un moment privilégié pour les auteurs et les lecteurs.
Effectivement, la rentrée littéraire est l’occasion de renouer avec la plume d’auteurs qui ne publient qu’à cette période de l’année, mais aussi de découvrir de nouveaux talents. Chaque année, la rentrée littéraire propose une sélection de livres français et étrangers, répondant à tous les genres, de quoi satisfaire les goûts et les envies de chacun.
C’est également le meilleur moyen de renouveler sa pile à lire pour faire face aux longues soirées d’hiver. Comme évoqué précédemment, il y a tellement de publications en l’espace de deux mois que vous ne pourrez pas manquer de ressources pour les semaines à venir.
Enfin, point d’orgue de la rentrée littéraire : la mise en avant de la littérature. Car oui, l’objectif premier de cette manifestation est bel et bien de faire l’éloge de cet art trop souvent annoncé comme mort et désuet. Pourtant, ce sont plusieurs centaines de milliers d’exemplaires qui sont vendus chaque année lors de la rentrée littéraire.
Voici donc autant de bonnes raisons de flâner dans les librairies au moment de la rentrée littéraire et de se laisser entraîner par le flot intarissable des médias au sujet des auteurs publiés.

En quoi la rentrée littéraire a-t-elle ses limites ?

Si la rentrée littéraire est un rendez-vous immanquable depuis de nombreuses années en France, elle reste un phénomène qui a ses détracteurs et ses inconvénients.
C’est notamment le cas du nombre important de livres publiés qui seront finalement invendus. Bien que les tirages soient désormais plus ajustés au rythme de vente, il y a de fortes chances pour qu’une grande quantité soit envoyée au pilon.
De même, il subsiste encore des cercles restreints de lecteurs, souvent des écrivains eux-mêmes, qui peuvent s’intéresser à des titres moins visibles. Pierre Bourdieu appelle cela d’ailleurs le « champ littéraire », qui correspond à un espace de reconnaissance littéraire, où ces auteurs pourront être reconnus pour un deuxième ou troisième livre.
Nombreux sont celles et ceux qui considèrent encore la rentrée littéraire comme un événement élitiste. En effet, la plupart des best-sellers ne sont pas publiés à ce moment de l’année et ne sont quasiment pas reconnus par la critique. D’autres vont même plus loin en affirmant qu’un seul type de romans parvient à être mis en tête des gondoles, respectant un cahier des charges précis.
Enfin, il est régulièrement reproché à la rentrée littéraire de ne mettre en lumière qu’une petite sélection d’ouvrages, focalisant ainsi toute l’attention sur ces quelques dizaines de titres. Si cela permet à des auteurs de premier roman de réussir à se faire un nom, d’autres passent inaperçus, malgré le potentiel de leur écrit. De quoi laisser un goût amer à bon nombre d’entre eux, lorsque l’on sait qu’ils sont plusieurs centaines à tenter de se faire connaître pendant cette période propice à la vente.

Entre interviews d’auteurs dans les médias, remises de prix et classement des meilleures ventes, la rentrée littéraire n’a pas fini de faire parler d’elle.

Et vous, comment envisagez-vous la rentrée littéraire ?
Est-ce un rendez-vous que vous attendez avec impatience ou, au contraire, n’y accordez-vous aucune importance ?

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s