Freelancing

3 ans de freelancing

La semaine dernière, je vous présentais mon bilan après 4 ans de blogging sur Alyttérature. Cette fois-ci, j’aimerais en faire de même, mais pour mes 3 ans en tant que freelance. Vous l’aurez certainement remarqué, mes projets voient généralement le jour en octobre. J’ignore pourquoi ce mois m’inspire plus que les autres, peut-être parce que l’automne reprend ses droits et qu’il s’agit de ma saison de prédilection. Quoi qu’il en soit, octobre est synonyme de « projets » et « entreprendre » en ce qui me concerne.
Si ces 3 dernières années m’ont confirmé que j’avais trouvé ma voie professionnelle, elles n’ont pas toujours été de tout repos. J’ai alors ressenti le besoin de faire un bilan et de le partager avec vous. Peut-être pourra-t-il être utile à quelques (futurs) freelances en plein questionnement !

2017/2018 : Le portage salarial pour me lancer en douceur et tester mon projet

Ma vie entrepreneuriale a officiellement débuté le 26 octobre 2017, jour de validation de mon dossier d’inscription auprès de Webportage, la société de portage salarial que j’avais choisie pour m’accompagner dans mon projet. Officieusement, elle a commencé bien plus tôt dans l’année.
Alors que j’étais libraire à Cultura, je me souviens avoir eu une discussion avec une collègue, elle-même à son compte aujourd’hui. J’étais en pleine réflexion quant à mon avenir professionnel : mon contrat était un CDD et mon objectif principal était de travailler dans une maison d’édition. Cependant, la centaine de CV que j’avais envoyée depuis juin 2016 restait sans réponse. Pendant cette conversation, il a été question des opportunités que je pourrais avoir si je consacrais davantage de temps au développement de mon blog, mis en ligne depuis un an et demi déjà. Effectivement, j’avais eu l’occasion de chroniquer bénévolement de nombreux livres et d’interviewer des auteurs, à l’image de Sire Cedric, John-Erich Nielsen et Sylvain Forge, pour ne citer qu’eux. Alors pourquoi pas tenter d’en faire une activité rémunérée ? D’autant plus que j’avais toujours dit que, tôt ou tard, je deviendrais mon propre patron. Visiblement, ce serait plus tôt que tard, mais j’étais prête à saisir ma chance !
Pendant plusieurs mois, j’étudie de plus près le marché de la promotion littéraire, questionne des professionnels francophones et anglophones, puis décide d’ajouter la correction de manuscrits à mon offre de prestations.
Le cœur de mon activité une fois défini, il était temps de désigner mon statut juridique. Pour être honnête, je n’y connaissais vraiment rien. Dans mon entourage, j’avais bien mon parrain qui était auto-entrepreneur, mais je ne parvenais pas à me projeter, notre domaine n’étant pas similaire. C’est alors que je découvre le blog de Julia Coudert, I don’t think I feel. Grâce à ses contenus, j’en apprends davantage sur la micro-entreprise. C’est un statut qui m’intéresse, mais toute la partie administrative m’effraie encore. Je poursuis alors mes recherches et, par l’intermédiaire de LinkedIn, j’étoffe mon réseau. C’est alors qu’on me soumet l’idée du portage salarial. Je me plonge sérieusement dans l’étude des sites de différentes sociétés, tente de comprendre leur fonctionnement et ce que cela signifie pour moi en tant que prestataire. Comme je l’ai déjà évoqué dans mon article « Devenir indépendant grâce au portage salarial », cette solution me semblait la plus appropriée pour me lancer en tant que freelance, sans pour autant être seule face à toutes ces responsabilités.
Si côté administratif, le portage salarial me convenait, c’était moins le cas d’un point de vue financier. En effet, entre les charges patronales, salariales et la commission que je devais verser à la société, il m’était très difficile de m’y retrouver. Il faut savoir que j’étais assujettie à la TVA à 20 % dès mon premier devis et cela a eu un impact important sur les tarifs que je soumettais à mes prospects. Ils étaient généralement jugés comme étant trop élevés. Quand je parvenais à signer un contrat, il ne me revenait qu’une petite part du montant. Pendant un an, je n’ai jamais pu me dégager un salaire, seulement des sommes que je qualifierais d’« argent de poche ». Pourtant, je n’ai pas baissé les bras, parce que je savais qu’il y avait du potentiel. Il n’y avait qu’à regarder les demandes que je recevais. Je devais donc envisager mon projet autrement.

Octobre à décembre 2018 : Le changement de statut juridique pour insuffler un nouvel élan à mon activité

Pendant un an, bien que je ne sois pas parvenue à vivre de mon activité, j’ai pu me faire une idée plus précise des attentes et exigences de mes potentiels clients. J’ai pu alors affiner mon offre, dans le but de développer mon projet et le rendre viable sur le long terme. J’étais également prête à faire face à la gestion de l’administratif, ayant eu le temps de me familiariser avec les documents principaux qu’une entreprise supposait. A partir de ce moment, un changement de statut juridique était incontournable.
Effectivement, le portage salarial restait encore trop inconnu aux yeux des particuliers, comme des professionnels, et impactait négativement mon activité. Pour vous donner un exemple concret, j’ai été inscrite sur la plateforme Malt pendant 12 mois sans jamais recevoir ne serait-ce qu’un message d’une entreprise pour avoir des informations sur mes services. Tout juste une semaine après m’y être réinscrite avec le statut de micro-entrepreneur, je signais mon premier devis avec une entreprise. Ce n’étaient donc pas mon positionnement et ma stratégie marketing qui me faisaient défaut, mais bien le statut de salariée portée lui-même.
Pour en venir à cette découverte, il a bien sûr fallu que je fasse les démarches pour obtenir mon numéro SIRET et être en règle avec l’URSSAF. C’est ce que j’ai fait le 15 octobre 2018 (eh oui, encore en octobre), date d’ouverture officielle de ma micro-entreprise. Néanmoins, n’ayant reçu mes papiers que courant novembre, j’ai véritablement commencé à travailler sous ce nouveau statut en décembre. C’est ce même mois que ma démission auprès de Webportage a été effective.

2019 : Ma première année de micro-entreprise

Comme évoqué précédemment, les premiers clients de ma micro-entreprise sont arrivés très rapidement, grâce à la plateforme Malt. Contrairement à mon année en portage salarial, je suis parvenue à imposer mes tarifs, en expliquant simplement à quoi ils correspondaient concrètement. En plus de ces nouveaux clients, j’ai pu compter sur le soutien de celles et ceux qui m’avaient déjà fait confiance pendant ma première année d’activité. Ainsi, mes efforts ont enfin pu être en partie récompensés. C’est véritablement à partir de février 2019 que j’ai vu la différence. Alors que j’enchaînais les mois à 0€ en portage salarial, mon chiffre d’affaires mensuel moyen était de 1 215€, atteignant même deux pics à 3 121€ et 3 944€ en août et septembre 2019. Je pouvais enfin me permettre de respirer, sans pour autant me reposer sur mes lauriers.
Cette évolution drastique, je la dois à mon changement de statut, j’en suis intimement convaincue, mais pas seulement. Effectivement, mon année de portage salarial m’a permis de constater que la correction littéraire, qu’elle soit à destination d’auteurs publiés en maison d’édition ou auto-édités, était bien souvent dévalorisée. J’ai, à de nombreuses reprises, été confrontée à des refus parce que mon tarif était trop élevé, alors qu’il était dans la fourchette basse des prix du marché. Cette méconnaissance du métier, en partie due à l’émergence de correcteurs bénévoles sur les réseaux sociaux, aura eu raison de ma motivation. J’ai alors peu à peu modifié mon offre, afin d’y intégrer la rédaction web. Après tout, je la pratiquais depuis 2016 pour mon propre blog, il me restait à me former officiellement pour pouvoir m’adapter aux demandes des entreprises et aux codes que la rédaction web impose. Cette transition s’est faite dès la fin 2018, alors même que j’entamais les démarches pour changer de statut. Je voulais réellement que ce nouveau départ administratif s’accompagne d’un positionnement qui me corresponde davantage. Et cela a été le cas.
Dès janvier 2019, mes revenus provenant de la rédaction web ont pris le dessus sur mes revenus relatifs à la promotion et à la correction. Cela s’est également vérifié en termes de temps accordé à ces prestations et au nombre de devis signés. La machine était lancée et je devais bien avouer que je m’épanouissais bien plus en alternant entre 3 natures de services, plutôt qu’en passant mes journées à traquer les moindres fautes. D’ailleurs, avec le recul, je ne peux m’empêcher de penser que le destin a bien fait les choses. Si j’avais réussi à être embauchée dans une maison d’édition, c’est ce quotidien qui m’aurait attendue. Je sais désormais qu’il n’était pas fait pour moi !
Grâce à ce large champ des possibles, 2019 a été une année pleine de nouvelles expériences et de rencontres professionnelles captivantes et enrichissantes. Côté financier, j’ai dépassé l’objectif annuel que je m’étais fixé de presque 5 000€. Mon chiffre d’affaires, quant à lui, a été multiplié par 8 entre mon année de portage salarial (octobre 2017/décembre 2018) et ma première année de micro-entreprise (2019). Une belle réussite que j’ai eu envie de reproduire en 2020.

2020 : L’année de la confirmation

La tendance annoncée par les 2 premiers mois de 2020 me donnait confiance en l’avenir. C’était sans compter sur la crise sanitaire. Comme beaucoup, j’ai été coupée dans mon élan dès le mois de mars. J’ai beau travailler exclusivement en télétravail et dans le domaine du numérique, mon activité a été touchée. Cela s’explique notamment par le fait que je travaillais, à ce moment précis, sur des projets en lien avec le tourisme international. Comme vous pouvez vous en douter, ces entreprises ont dû faire face à de multiples imprévus et prendre la décision d’annuler mes prestations. Cela s’est inévitablement répercuté sur mon chiffre d’affaires d’avril.
Ne comptant pas m’enliser dans cette situation instable, j’ai retroussé mes manches et repris la prospection directe, alors que je l’avais délaissée, au profit du marketing de contenu. L’association de ces deux techniques a porté ses fruits, puisque je suis parvenue à inverser la tendance. Ainsi, depuis juin, ma courbe de chiffre d’affaires ne cesse d’augmenter. Le mois de septembre est d’ailleurs sur la troisième marche du podium des mois les plus rentables depuis que je suis freelance. Je compte bien confirmer ces résultats dans les prochains mois.
Côté prestations, ma formation à la rédaction web SEO et mon gain d’expérience en 2019 m’ont permis de faire de cette compétence le cœur de mon métier. Effectivement, plus de 93 % de mes contrats sont désormais des missions de rédaction. Les 7 % restants sont consacrés à des auteurs qui me font confiance depuis mon lancement et dont l’accompagnement, qu’il s’agisse de promotion ou de correction, me tient particulièrement à cœur.

Et maintenant ?

J’entame à présent ma 4e année de freelancing et ma 3e en tant que micro-entrepreneur, ce qui signifie que ce sont les 12 derniers mois pour lesquels je vais bénéficier de l’ACRE. Avec la reforme qui a eu lieu, cette avant-dernière marche est bien plus haute que prévu. Cela me permettra de faire le point sur mes tarifs et de les ajuster, afin d’appréhender plus sereinement le taux plein qui m’attend pour octobre 2021.
Concernant mes prestations, je compte bien continuer à rédiger des contenus pour les entreprises. J’ai également lancé en septembre un nouveau service de stratégie éditoriale, dans le but d’accompagner les sociétés à l’élaboration d’un plan complet pour attirer leur client cible et véhiculer une image qui leur est propre. Mon objectif principal de 2021 sera donc de développer cet aspect de mon activité.
Je me souhaite également d’avoir des contrats aussi captivants pour les années à venir que ceux que j’ai pu signer jusqu’à présent. C’est avant tout cette diversité dans les missions et cette sensation d’être utile au quotidien qui me font tant aimer mon métier.

Je vous donne rendez-vous l’année prochaine pour un nouveau bilan ! En attendant, ne manquez pas mes articles techniques tous les mardis et les chroniques littéraires le vendredi.

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