Chroniques

Austerlitz 10.5 – Anne-Laure Béatrix et François-Xavier Dillard

Titre : Austerlitz 10.5
Auteurs : Anne-Laure Béatrix et François-Xavier Dillard
Publication : 2016
Genre : roman policier
Édition lue : Belfond
Nombre de pages : 270
Statut : lu du 05/11/20 au 08/11/20
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Synopsis : Imaginez un monde où La Joconde a disparu…
En 1910, la Seine avait atteint lors de la grande crue de Paris son niveau maximal : 8,62 mètres sur l’échelle hydrométrique du pont d’Austerlitz.
Aujourd’hui, cela fait trois jours que la pluie tombe sur la capitale. Les trois premiers jours, les habitants de la grande ville ont râlé. Et puis, au soir du quatrième jour, l’alimentation électrique a été coupée. La plupart des arrondissements ont alors connu un black-out total faisant souffler un vent de panique sans précédent dans la population. Le métro a été fermé, l’ensemble du vaste réseau souterrain des transports publics s’étant retrouvé noyé par des hectolitres d’eau sombre et glacée. Lorsque les premiers immeubles se sont effondrés et que la grande vague de boue a déferlé sur la ville, une véritable hystérie collective s’est emparée des Parisiens et les pires exactions ont été commises. Au nom de la survie… La peur, puis la violence ont déferlé sur la ville.
Paris est dévastée et la plupart des habitants, du moins ceux qui ont la chance d’avoir encore un toit, se terrent chez eux en attendant que cette pluie démentielle cesse enfin…
Sous le pont d’Austerlitz, l’eau a atteint son record : 10.50.
Un an plus tard, on sait que Paris ne sera plus jamais la même. Pour François Mallarmé, qui a tout perdu dans cette catastrophe, sa femme et son enfant, la vie n’est qu’un long cauchemar. Il continue tant bien que mal à faire son boulot de flic dans une ville où plus rien n’a de sens. Jusqu’au jour où une affaire de meurtres sordides le ramène à son cauchemar, au cœur même du Louvre, dans ce musée qui pour le monde entier était le symbole de ce qui fut la plus belle ville du monde, et où même La Joconde a disparu….

Critique : Cela faisait plus de trois ans que le roman Austerlitz 10.5 attendait son tour dans ma bibliothèque. Ce n’était clairement pas un manque de motivation de ma part, mais davantage la volonté de trouver le bon moment pour l’apprécier à sa juste valeur. Au fil des années, j’ai pu remarquer que je suis plus réceptive à certains genres littéraires selon la période de l’année. Dans le cas d’Austerlitz 10.5, j’attendais l’automne, afin de me plonger dans une atmosphère lugubre, sombre et pesante, pour être en accord avec ce que la quatrième de couverture m’évoquait.
En effet, dès les premiers chapitres, le lecteur est immergé dans la violence des événements, à savoir la plus grande crue que Paris n’ait jamais connue, et est confronté à la mort qui s’abat sur la capitale. Très vite, un rythme soutenu s’installe dans la narration et les dialogues, emportant le lecteur dans un tourbillon, au même titre que les protagonistes. On se retrouve alors au cœur d’une enquête policière, mêlant avec brio le crime et l’art. Pour la passionnée d’art et de romans policiers que je suis, je dois reconnaître que j’étais particulièrement enthousiaste de découvrir la suite des événements. C’était d’autant plus vrai que, dans certains chapitres, j’avais parfois l’impression de retrouver des aspects typiques de la plume de Cédric Sire, un auteur que j’adore lire.
Pourtant, mon envie a rapidement été coupée dans son élan. Cela s’explique notamment par l’arrivée massive de nouveaux personnages et de changements récurrents de narrateur et point de vue. Si cela ne me dérange pas outre mesure habituellement, dans ce cas précis, j’ai trouvé que ce choix narratif desservait l’intrigue. Effectivement, le roman est relativement court, puisqu’il ne compte que 270 pages. A mes yeux, cela suppose donc que les auteurs doivent aller à l’essentiel, dans le but de capter l’attention des lecteurs, tout en les surprenant lors de la révélation finale. Dans Austerlitz 10.5, le dénouement est, en partie, étonnant, mais mon attention a, quant à elle, été perdue à de multiples reprises. J’ai déploré notamment quelques longueurs et des informations qui ne me semblaient pas toujours justifiées pour faire avancer l’enquête. Elles avaient probablement pour vocation de tromper les lecteurs et les mener sur d’autres pistes. Cependant, pour ma part, cela m’a simplement donné envie de lire en diagonale, ce que je me suis retenue de faire pour ne pas manquer des détails importants.
Quant aux protagonistes, je ne suis pas parvenue à m’attacher à eux, ni à complètement les détester. Pour être tout à fait honnête, ils m’ont laissée indifférente. Je crois que c’est le sentiment qui me déplait le plus dans la littérature. J’aime pouvoir ressentir quelque chose, quelle que soit la nature de la sensation, afin de ne pas avoir l’impression d’avoir accordé du temps au livre pour rien. Mon avis, cette fois-ci, est relativement neutre à l’égard des protagonistes et je trouve cela dommage, puisque cela a tendance à me donner un ressenti plutôt négatif vis-à-vis du roman, alors que l’idée de départ était très intéressante.
En définitive, je suis un peu restée sur ma faim avec Austerlitz 10.5. J’avais probablement des attentes trop élevées pour ce roman et, malheureusement, elles n’ont pas été comblées. Cela ne restera pas, pour moi, l’un des romans policiers les plus marquants.

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