Chroniques littéraires

Le dernier enfant – Philippe Besson

Titre : Le dernier enfant
Auteur : Philippe Besson
Publication : 2021
Genre : contemporain
Édition lue : Julliard
Nombre de pages : 206
Statut : lu le 13/09/23
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Synopsis : « Elle le détaille tandis qu’il va prendre sa place : les cheveux en broussaille, le visage encore ensommeillé, il porte juste un caleçon et un tee-shirt informe, marche pieds nus sur le carrelage. Pas à son avantage et pourtant d’une beauté qui continue de l’époustoufler, de la gonfler d’orgueil. Et aussitôt, elle songe, alors qu’elle s’était juré de se l’interdire, qu’elle s’était répété non il ne faut pas y songer, surtout pas, oui voici qu’elle songe, au risque de la souffrance, au risque de ne pas pouvoir réprimer un sanglot : c’est la dernière fois que mon fils apparaît ainsi, c’est le dernier matin. »
Un roman tout en nuances, sobre et déchirant, sur le vacillement d’une mère le jour où son dernier enfant quitte la maison. Au fil des heures, chaque petite chose du quotidien se transforme en vertige face à l’horizon inconnu qui s’ouvre devant elle.

Chronique : J’ai découvert les romans de Philippe Besson grâce à une recommandation qui m’a été faite sur LinkedIn. J’ai ainsi plongé dans l’univers de cet auteur en lisant, tout d’abord, « Arrête avec tes mensonges ». Ayant beaucoup apprécié ma lecture, j’ai voulu réitérer l’expérience et c’est finalement Le dernier enfant qui a attiré mon attention.
Etant moi-même la dernière de trois filles et ayant plusieurs années d’écart avec mes sœurs, comme cela est le cas pour Théo, je me suis immédiatement identifiée à ce personnage et, plus largement, à cette famille. Bien que le roman soit relativement court et qu’on n’apprenne pas énormément de choses sur les protagonistes, ces derniers ont réussi à me toucher et à m’emporter avec eux dans leur quotidien. Philippe Besson a cette capacité à créer un rythme soutenu, grâce à des phrases longues, mais percutantes. Il y a presque un sentiment d’urgence qui ressort de ses personnages, comme si leur vie ne tenait qu’à un fil et qu’ils devaient en profiter jusqu’au bout. Cela a été particulièrement bien mis en scène, selon moi, avec la figure maternelle. J’ai pu ressentir le tourbillon d’émotions qui l’anime et les nombreux questionnements qui tournent en boucle dans sa tête. Tout au long des chapitres, j’avais envie de la prendre dans mes bras et d’essayer de la rassurer. Le père n’est, d’ailleurs, pas en reste. A sa manière, il a su éveiller mon empathie et me faire voir d’un autre œil l’attachement qu’un papa peut avoir pour ses enfants.
Côté récit, je ne m’attendais pas à être surprise, ni à être embarquée dans une intrigue aux multiples rebondissements. Effectivement, ce n’est pas le but de ce roman. En revanche, j’ai été cueillie par la force de cette famille et par l’amour qu’ils se portent les uns aux autres. Ainsi, j’ai été conquise par cette belle histoire de résilience et de lâcher-prise.
Vous l’aurez compris, Philippe Besson a su, une nouvelle fois, m’emmener avec lui dans l’histoire qu’il souhaite nous raconter. Alors que l’idée de départ est relativement simple, au même titre que la structure de ce livre, il parvient à nous émouvoir et à nous donner envie de passer du temps avec nos proches. Finalement, c’est bien là le but premier de la littérature : nous rassembler.

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