En septembre, j’ai eu la chance de lire en avant-première le roman de Nathalie Vergne, Kópakonan. D’ailleurs, vous avez pu découvrir mon avis, partagé la semaine dernière dans une chronique. Pour aller plus loin dans la compréhension de ce récit, j’ai posé quelques questions à l’autrice. Avant de connaître ses réponses, je vous invite à lire le synopsis de Kópakonan, cette histoire envoûtante :

Liv Andersen est-elle humaine, une femme étrange et douée au fonctionnement atypique, d’écrivaine à succès à enquêtrice sagace, entre autres ? Ou bien est-elle une authentique Selkie, échouée un solstice de juin sur la côte touristique de Louarn-les-Bains ?
Depuis son voilier à la marina, Liv ne s’attendait pas à rencontrer puis à s’éprendre de Carlos, un sympathique veuf au passé tourmenté par l’assassinat de son épouse et de sa belle-fille.
Confrontée à des évènements troublants, Liv va devoir enquêter sur un vaste complot, tandis que l’emblématique Kópakonan prend le visage de Liv et s’empare des rêves de Carlos.
Liv nous entraîne dans un maelström envoûtant, dans lequel se brassent avec fureur son histoire d’amour avec Carlos, une traque à travers deux époques, la folie polymorphe des hommes, les services de l’ombre et la légende nordique des Selkies…
Kópakonan est le premier roman que vous autoéditez. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours ?
Je suis médecin. Je suis partie naviguer plusieurs années en voilier entre Méditerranée et Atlantique, en emportant un piano à bord pour continuer à travailler, car je suis aussi pianiste. C’est à cette occasion que j’ai démarré réellement l’écriture de fictions, à partir de la rédaction de mon journal de bord réglementaire devenu récit de voyage. La vie à bord exposée à une immense variété de points de vue éloignés des contraintes terriennes est propice à cet exercice.
Dans votre roman, nous découvrons la légende de Kópakonan, la femme-phoque des îles Féroé. Comment vous est venue l’idée de l’intégrer à votre intrigue ?
L’intrigue s’est plutôt enroulée autour de Kópakonan. Je suis attirée par la littérature et la culture scandinaves au sens large et j’ai découvert la légende des Selkies au hasard de mes recherches. J’ai débobiné le fil pour en apprendre plus. Malheureusement il n’y avait pas beaucoup de documents à l’époque sur le net, les intelligences artificielles étaient encore balbutiantes en compilation de données et je n’avais pas accès aux bibliothèques, car je vivais à l’étranger sur mon bateau. En revanche, on trouvait des photos de la statue à Mikladalur sur Kalsoy dans l’archipel des Féroé. Les sirènes connues depuis la nuit des temps dans de nombreuses cultures sont plus populaires que les Selkies. Notamment en occident grâce à H. C. Andersen auquel je fais un clin d’œil dans Kópakonan.
J’ai souhaité faire de Kópakonan le pivot à la fois onirique et tangible de l’histoire, en lui donnant son nom, et l’incarnant de différentes manières, sans priver le personnage principal humain de sa primauté, malgré le doute récurrent quant à sa vraie nature.
La mer et la navigation sont des thèmes omniprésents dans votre histoire. Votre propre expérience des voyages nautiques influence-t-elle votre écriture ?
Je viens de vivre plusieurs années à bord de mon voilier, entre la Bretagne et la Crète. Mon écriture est imbibée d’eau salée. J’ai écrit Kópakonan en Méditerranée, entre la Sardaigne et la Grèce, entre la mer Tyrrhénienne et la mer Égée. La vie sur un voilier est fantastique, riche, parfois dangereuse. Elle nourrit les rêves de beaucoup de gens, elle alimente l’imagination et l’inspiration. Elle ménage de longs temps de méditation par météo calme. Ce qui m’a invitée à inventer un lieu chimérique plutôt en Atlantique, pour y faire vivre les personnages, et à donner une coloration maritime au récit.
L’action de votre roman se déroule en 2033, avec plusieurs retours dans le passé. Pourquoi avez-vous choisi de faire évoluer vos personnages dans le futur ?
Deux principales raisons. Écrire sur un futur proche autorise de nombreuses libertés et un regard critique ou distancié sur un passé tout aussi proche. L’alternance régulière du passage d’une époque à l’autre marque le contraste, puis la fusion entre les deux histoires tout en y favorisant l’immersion.
Mais, surtout, je ne savais pas au début combien de temps il me faudrait pour écrire l’histoire, j’avais prévu large. Au final, j’ai conservé cette temporalité.
Quels sont vos projets pour les mois et années à venir ?
Un deuxième épisode remet en scène les principaux personnages sur le thème de la gémellité, Liv mène l’enquête sur la disparition de deux grands adolescents.
Un troisième épisode est en cours de construction avec les mêmes personnages sur le thème de la vengeance et de la rédemption, Liv enquête sur une mort étrange.
Exercer mon métier. Progresser encore au piano. Lire et apprendre encore.
Naviguer toujours…
Un grand merci à Nathalie Vergne de m’avoir donné l’occasion de lire son roman et d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. Si vous voulez suivre son actualité, vous pouvez vous abonner à son profil LinkedIn et la suivre sur Instagram. Son roman, quant à lui, peut être commandé sur Amazon.
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