La semaine dernière, j’ai partagé avec vous mon ressenti sur le nouveau roman d’Intissar Haddiya, L’Écran des illusions. Cette fiction contemporaine, à l’intrigue psychologique, m’a beaucoup plu et marquée. Ainsi, j’ai voulu en savoir plus sur ses origines. Pour cela, j’ai posé quelques questions à son autrice, qui a accepté de nous dévoiler diverses informations sur son parcours, son processus créatif et ses prochains projets.
Avant de lire les réponses d’Intissar Haddiya, (re)découvrez le synopsis de L’Écran des illusions :

À 51 ans, le Dr C. mène une vie maîtrisée : des journées rythmées par les consultations et des soirées silencieuses dans un appartement parfaitement ordonné.
Un soir, un message inattendu apparaît sur son téléphone. Il s’appelle Larbi. Un inconnu. Cultivé, attentionné, presque trop.
Au fil des échanges, il devient une présence rassurante. Elle se surprend à attendre ses messages, à sourire à son écran, à se sentir heureuse… Pourtant, quelque chose se fissure. Des incohérences apparaissent. Les certitudes se brouillent, et l’équilibre vacille.
Quand le virtuel s’invite dans la réalité, les émotions peuvent devenir un terrain glissant.
Et si la plus grande des illusions était celle que l’on crée soi-même ?
L’Écran des illusions est le septième livre que vous publiez. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours ?
Mon parcours est à la croisée de plusieurs mondes : la médecine, l’université et l’écriture. J’ai commencé à écrire très tôt, mais c’est avec le temps que l’écriture s’est imposée comme un espace de liberté et de réflexion, complémentaire à mon métier de médecin. Mes livres, qu’ils soient romans ou ouvrages académiques, interrogent souvent l’humain face aux épreuves contemporaines : la maladie, la solitude, la résilience, mais aussi les mutations sociales et numériques. L’Écran des illusions s’inscrit naturellement dans cette continuité.
Lorsque vous avez écrit L’Écran des illusions, quelles ont été vos sources d’inspiration et en quoi a consisté votre processus créatif ?
L’inspiration est venue de situations réelles, parfois rapportées, parfois observées indirectement, mais toujours profondément humaines. Les escroqueries numériques, et notamment affectives, sont un phénomène silencieux, encore entouré de honte et de culpabilité. Mon processus d’écriture a été très intuitif : j’ai laissé les personnages s’installer, évoluer, révéler leurs failles. L’écriture s’est faite progressivement, dans un va-et-vient entre réflexion, émotion et narration.
Dans votre roman, vous traitez le sujet des escroqueries numériques, et notamment celui des arnaques aux sentiments. Pourquoi avoir choisi ce thème ?
Parce qu’il touche à quelque chose de fondamental : le besoin d’amour, de reconnaissance et de confiance. Les arnaques aux sentiments exploitent des vulnérabilités universelles, indépendamment de l’âge, du milieu social ou du niveau d’instruction. Ce thème m’a semblé essentiel à aborder aujourd’hui, à l’ère des réseaux sociaux et de la virtualisation des relations, pour alerter sans juger et pour donner une voix aux victimes.
La psychologie et les émotions des personnages sont omniprésentes dans votre récit. Est-ce une manière pour vous de transmettre des messages ou des valeurs qui vous sont chers ?
Oui, profondément. Je m’intéresse avant tout à l’intime : ce qui se joue à l’intérieur des personnages, leurs doutes, leurs espoirs, leurs contradictions. À travers eux, je souhaite rappeler l’importance de l’empathie, de la lucidité et du regard critique, mais aussi la nécessité de ne pas réduire les individus à leurs erreurs. La fragilité n’est pas une faiblesse, c’est une condition humaine.
Quels sont vos projets pour les mois et années à venir ?
Je poursuis mon travail d’écriture, avec de nouveaux projets littéraires en gestation, toujours ancrés dans les réalités sociales contemporaines. En parallèle, je continue mes engagements universitaires et intellectuels, notamment autour des questions d’éthique, de numérique et d’humanité. L’écriture reste pour moi un espace de transmission, de questionnement et de dialogue avec les lecteurs.
Je tiens à remercier chaleureusement Intissar Haddiya, qui a accepté de répondre à mes questions et de nous en apprendre davantage sur son univers littéraire. Cet échange m’a permis, à titre personnel, d’apprécier encore plus ma lecture. J’espère qu’il en sera de même pour vous !
Si, à votre tour, vous souhaitez plonger dans le monde cruel des escroqueries numériques, vous pouvez commander L’Écran des illusions sur le site de Librinova ou sur Amazon. Vous y trouverez également les autres titres de l’autrice.
L’actualité d’Intissar Haddiya peut, quant à elle, être suivie sur les réseaux sociaux : Instagram – LinkedIn.