Chroniques littéraires

L’odeur de la colle en pot – Adèle Bréau

Titre : L’odeur de la colle en pot
Autrice : Adèle Bréau
Publication : 2019
Genre : contemporain
Édition lue : JC Lattès
Nombre de pages : 319
Statut : lu du 15/08/23 au 16/08/23
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Synopsis : « On ne cessait de nous seriner qu’avec la guerre, le sida et le chômage, notre génération serait probablement « sacrifiée ». Mais je crois bien que les adultes avaient inventé ce concept pour se dédouaner de ne savoir que faire de leurs enfants devenus grands, d’être incapables de leur parler et de les comprendre. Parce que, ça c’était certain, personne n’était à même d’appréhender cet agglomérat d’immenses bonheurs et de pensées sombres qui envahissaient ce corps que je ne reconnaissais plus. »
Septembre 1990. Autour de l’unique téléphone fixe de la maison se chuchotent les secrets d’une famille en plein chaos : la fuite du père, le chagrin de la mère et les tourments adolescents de Caroline, qui déroule le fil de cette année si particulière.
L’odeur de la colle en pot peint avec légèreté et mélancolie le moment de bascule entre l’enfance et l’âge adulte, une période bouleversante et intemporelle.

Chronique : Depuis quelques années déjà, Adèle Bréau fait partie des auteurs dont je suis avec attention les nouvelles parutions. Ayant beaucoup apprécié ses nouvelles dans les recueils de la #TeamRomCom et sa trilogie La Cour des grandes, puis eu un immense coup de cœur pour son roman Frangines, j’ai eu envie de plonger dans un autre de ses récits. C’est sur L’odeur de la colle en pot que j’ai jeté mon dévolu.
Je dois dire qu’en lisant la quatrième de couverture, je n’étais pas sûre d’aimer cette histoire. La citation me donnait l’impression que j’allais plonger dans une époque sombre, où les personnages devraient faire face à des événements parfois tragiques. C’est bien le contraire qui s’est produit. Adèle Bréau, avec sa plume affûtée et percutante, est parvenue à me faire revivre ma propre adolescence, avec son lot d’émotions parfois fortes et les souvenirs liés aux années 1990 et 2000. J’ai beau avoir eu 13 ans en 2007, et non en 1990, les références données par l’auteure étaient sensiblement les mêmes que celles que j’ai pu vivre dans mon enfance et les années qui ont suivi. Ainsi, ce roman est apparu comme une véritable madeleine de Proust, ravivant des discussions ou des fous rires que j’ai pu avoir avec mes amis et mes proches il y a quelques années déjà.
Du côté des personnages, je ne peux pas vraiment dire que je me sois attachée à eux. Toutefois, j’étais curieuse de connaître la suite de leurs aventures. Ainsi, j’ai enchaîné les chapitres sans m’en rendre compte, happée par l’évolution des protagonistes et les différentes révélations. Pourtant, avec le recul, je constate qu’il n’y avait pas véritablement d’intrigue dans ce livre. Ce sont plutôt des tranches de vie, qui n’attendent pas de dénouement à proprement parler. Je suis donc agréablement surprise d’avoir été autant captivée, alors qu’il n’y avait pas d’enjeu, comme cela est le cas dans de nombreux ouvrages.
Du point de vue de l’écriture, je suis toujours aussi conquise par la qualité de la plume d’Adèle Bréau. Je la trouve drôle, juste et forte. L’autrice sait nous transmettre des émotions, sans pour autant tomber dans le mélodramatique. Elle parvient également à s’emparer de sujets d’actualité qui nous touchent tous et en faire des histoires intemporelles.
Si vous n’avez pas encore lu L’odeur de la colle en pot, je vous conseille de lui donner une chance. Vous aurez peut-être l’occasion, vous aussi, de faire un bond dans le passé pour quelques heures.

Egalement d’Adèle Bréau : La Cour des grandes + Les Jeux de garçons + Les Devoirs de vacances + Frangines + Y aura-t-il trop de neige à Noël ? + Noël & Préjugés

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